Analyse du livre de Pierre Dequènes
Paris, le 5 Janvier 1998
Cher Monsieur,
Je vous prie de bien vouloir excuser le retard avec lequel je réponds à votre lettre du 4/10/97. Celle-ci montre que vous vous méprenez totalement sur mes intentions. Le but de ma première lettre n’était pas d’essayer de ridiculiser votre travail, car votre travail est objectivement ridicule pour toute personne ayant une connaissance des faits que vous évoquez. Mon seul but est de vous aider à être moins ridicule, en vous donnant tous les éléments nécessaires pour que vous puissiez comprendre par vous-même l’absurdité de votre démarche et corriger celle-ci.
Ajoutons à cela que je m’oppose totalement à Jacques Arnoult en ce qui concerne les rapports Science et Religion et que je ne suis nullement un "pourfendeur de créationnistes" (bien que je partage les opinions de J. Arnoult sur ce point), mais un pourfendeur de tous ceux qui désinforment le public, qu’ils soient matérialistes darwiniens ou créationnistes chrétiens.
J’ajoute que c’est parce que vous êtes comme moi un catholique convaincu, que je prends le temps (alors que j’ai tant de travail pour résister aux attaques, calomnies et autres coups bas dirigés contre l’UIP, seule structure capable de montrer de façon crédible, en France, la fausseté d’une vision matérialiste du monde - cf. les articles annexe 1) de faire ce travail, contrairement aux autres personnes auxquelles vous l’avez envoyé, et alors que je reçois tant de textes de farfelus auxquels je ne réponds même pas.
Si j’ai commencé par parler de votre chapitre 1, c’est parce qu’il s’agit du domaine que je connais le mieux. Mais en fait tous vos chapitres contiennent des passages "ridicules" (on pourrait utiliser aussi "absurde", mais comme vous avez employé "ridicule", c’est ce mot que j’utiliserai) à l’exception du n°5... car c’est le seul qui ne porte pas sur la Science.
On trouvera ainsi dans ces chapitres des affirmations ridicules, inexactes, liées à votre non-connaissance des résultats obtenus dans ces domaines, tendancieuses.
Mais commençons par trois points qui méritent un classement "absolument ridicule" et qui suffisent, à eux seuls, à démontrer, à tout observateur un tant soit peu objectif (et j’espère à vous-même), le peu de sérieux de vos méthodes de travail.
Je vous disais dans ma première lettre qu’il était absolument faux de dire (chapitre 2-1, paragraphe 3-2, ce serait tellement plus simple si les pages de votre livre étaient numérotées !) qu’il faudrait, pour expliquer le passage de l’état homogène à l’état actuel, trouver des germes dans la purée initiale, et qu’on ne les a pas retrouvés dans le rayonnement fossile alors que justement le satellite COBE les y a trouvés en 1992.
Vous me répondez : "j’ai laissé le soin de la critique du Big Bang à Mr Reeves dans son livre de 1994. C’est lui qui a écrit le texte sur la purée initiale. Peut être ne connaissait-il pas le satellite COBE ?"
Vous avez effectivement recopié le début du 2-1/3-2 chez Hubert Reeves "Dernières Nouvelles du Cosmos" p.125 (en bas) et p.126 (en haut). Or au milieu de la page 126, Reeves dit "En mars 1992, l’équipe scientifique de COBE annonce la découverte tant attendue de la XXX du rayonnement fossile (...)". Les germes des grandes structures du cosmos sont bien là. Heureusement ! Un fluide plus homogène aurait posé de sérieux problèmes aux astrophysiciens !! Et vous nous écrivez "Il faudrait donc des germes qu’on a pas retrouvés dans le rayonnement fossile." Et vous dites que Reeves ne parle pas de COBE, alors qu’il en parle deux fois dans cette même page, que la page 127 est consacrée aux résultats de COBE et que la photo des germes eux mêmes se trouve page 152 (figure 6c).
Comprenez-moi bien, je ne vous accuse pas de malhonnêteté, c’est quelque chose de beaucoup plus extraordinaire que ça. Je connais bien ce mécanisme car je dénonce sans relâche son existence chez les matérialistes, sous le nom "d’obscurantisme scientifique".
1) Vous avez lu la page 126 puisque vous en citez des extraits.
2) Elle présente la plus formidable preuve jamais obtenue en faveur du Big Bang, la "plus importante découverte de tous les temps", selon la phrase - un peu exagérée - du célèbre astrophysicien Stephen Hawking.
3) Vous êtes tellement persuadé que le Big Bang est une supercherie que, non seulement cette information dont vous avez pris connaissance n’arrive pas jusqu’à votre conscience, mais aussi que vous êtes persuadé, de bonne foi, d’avoir lu le contraire !!
Ce mécanisme extraordinaire était très fréquent chez les communistes russes ; Georges Orwell donne une excellente description de ce syndrome sous le nom "d’arrêt du crime pensée" dans "1984". Vous en êtes affecté bien plus encore que Dominique Tassot (qui en ce qui concerne le fossile KNM 1470 écrivait exactement le contraire de ce que disait ses propres sources) car il y a un autre cas où vous faites la même chose.
Vous dites à trois reprises (dont en 4ème de couverture) que l’âge de la Lune (et donc de la Terre) est de 10 000 ans, d’après l’épaisseur des poussières trouvées sur la lune. Or la conclusion de l’article que vous m’avez envoyé et sur lequel vous vous basez est : "Si la Lune avait reçu du matériel d’origine météoritique depuis 4,6 milliards d’années, il devrait y avoir au moins 50 fois plus de poussières à sa surface". Une simple division montre que d’après ce modèle lui-même, et les hypothèses que vous faites, l’âge de la Terre est de 92 millions d’années et non pas de 10 000 ans ! Bien sûr d’autres modèles sont possibles, compatibles avec un âge de 4,6 milliards d’années. Mais le point clé, c’est que vous faites dire à vos propres données le contraire de ce qu’elles disent. Ce n’est pas la compétence qui vous manque : les passages sur le chaos, ou certaines équations que vous écrivez en mécanique céleste montrent que vous avez un niveau scientifique qui rend impossible la réalisation d’une erreur de 920 000 % dans une simple division. Erreur que vous avez pourtant faite et qui est une autre illustration du phénomène "arrêt du crime pensée".
Passons à un autre domaine : le manque de fiabilité de vos sources. Vous écrivez dans "Science et Foi" que Mr Leleu, Directeur du musée des dinosaures d’Esperanza, a trouvé des traces de dinosaures remontant à 200 000 ans et vous indiquez comme source un article du Figaro (que vous ne m’avez pas communiqué). Face à une telle information, trois possibilités :
1) C’est une découverte inouïe, l’une des plus importantes jamais réalisées.
2) Le musée en question n’a rien de sérieux, et son directeur est un sympathique farfelu.
3) Il s’agit d’une simple coquille faites par le journal. Une théorie scientifique est jugée par les prédictions qu’elle permet de faire.
Étant donné ce que je sais de la paléontologie, j’étais prêt à parier (cher !) que la bonne solution était la 2 ou la 3. Après avoir vérifié que le musée et son directeur étaient très honorablement connus, il ne m’a fallu que 5 minutes (grâce au minitel) pour le joindre. Il a éclaté de rire quand je lui est demandé s’il avait trouvé des traces de dinosaures datant de 200 000 ans. Il s’agit de traces de 200 Millions d’années, m’a-t-il dit. Encore une erreur de 100 000 % entre vos affirmations et les faits sur lesquels vous vous basez. Rien n’aurait été plus facile pour vous que de faire la vérification que j’ai faite avant d’annoncer cette nouvelle "historique".
Il me semble que ces trois exemples sont totalement suffisant pour que toute personne un tant soit peu objective, même si elle partage vos idées, soit convaincue du peu de sérieux de votre démarche.
Vous dites que je traite "par le mépris" certains de vos arguments. Avouez donc vous-même qu’il y a de quoi. Chaque fois que j’ai pu vérifier des arguments de ce type trouvés dans "Science et Foi", votre livre ou les travaux de ceux que vous citez dans vos remerciements, je suis tombé sur les mêmes phénomènes : sources disant le contraire de ce qu’on leur fait dire, découvertes historiques basées sur de simples coquilles, fraudes, mensonges, sources farfelues, extrapolations abusives etc...
On pourrait s’arrêter ici, mais à titre d’exemple, je vais analyser tous vos dires. J’espère que vous serez sensible à ce geste car il me coûte beaucoup de temps.
Commençons par votre lettre.
Vous dites que je "laisse délibérément de côté les arguments qui me dérangent." :
- le coelacanthe et le varan : l’existence d’animaux panchroniques ne contredit en rien l’évolution, par contre c’est un grand argument contre le darwinisme (cf. R.Chauvin, "Biologie de l’esprit").
En effet cela nous montre que l’évolution ne peut se produire uniquement par hasard et sélection naturelle. Pour que l’évolution ait lieu, il faut que quelque chose d’autre intervienne. C’est ce que j’appelle une "évolution par archétypes". Sous l’influence de tels archétypes, des mutations dirigées et coordonnées se produisent, qui transforment une espèce A en une espèce B.
Tous les scientifiques non darwiniens que je connais (Fondi, Sermonti, Denton, Chauvin, Dambricourt, et de son vivant Schutzenberger) croient de près ou de loin à une évolution de ce type. Il n’existe à ma connaissance aucun biologiste ayant un poste dans une université d’Etat qui soit non évolutionniste (même Fondi quand on le questionne à fond) et croit en les chronobiologies courtes. Il doit bien y avoir une raison, non ? Comme le démontre cette lettre, c’est parce que c’est impossible sans se ridiculiser au plan scientifique.
Donc une évolution non darwinienne est totalement compatible avec l’existence d’animaux panchroniques.
- Les fossiles d’hommes géants : il s’agit d’une totale affabulation qui doit avoir une source comparable à celle de nos dinosaures de 200 000 ans du musée d’Esperanza. Il existe juste quelques dents (qui n’ont rien d’humain) qui attestent de l’existence d’un singe géant.
- Les datations des dinosaures par KXXXXX. Il est savoureux de vous voir affirmer, sur la base d’un seul résultat obtenu par une seule méthode, un âge absolu pour les dinosaures ainsi analysés. Car vous et vos amis avez déployé d’énormes efforts pour montrer (à juste titre !), qu’aucune méthode de datations ne pourrait donner à elle seule un âge absolu. C’est un cas spectaculaire d’auto-contradiction (ce n’est pas le seul comme nous le verrons.).
- L’analyse de l’ADN des dinosaures par Woodward. Pour une fois vous ou vos amis n’êtes pour rien dans cette erreur (je suis obligé de constater que c’est une exception !). Une contre-expertise a montré que l’ADN analysé par Woodward était une contamination car c’était... de l’ADN humain, voilà pourquoi il était aussi éloigné des reptiles que des oiseaux (mais pas des mammifères).
- L’opinion du professeur Israël sur le cerveau : je suis entièrement d’accord avec lui, l’abîme entre le singe et l’homme est infranchissable par des voies darwiniennes... mais non pour une évolution non darwinienne (cf les travaux d’Anne Dambricourt).
- Si je "traite par le mépris" les pierres grenées d’ICA, c’est justement parce qu’elles viennent de "l’Atlantide retrouvé" de Charles Berlitz. Vous dites que cet ouvrage "est une grande source d’informations". Cela vous éloigne encore un peu plus de la démarche scientifique, car nous sommes en plein manque de fiabilité de vos sources ici. La preuve se trouve dans "En quête sur les OVNI" de Jean Pierre Petit (un homme qu’on ne peut suspecter de collusion avec "l’establishment" scientifique !). Le chapitre "ceux qui se font des c... en or" décrit comment une expédition fut montée pour retrouver l’extraordinaire pyramide donc l’existence est prouvée par un tracé XXX présenté justement dans ce livre. Après des plongées infructueuses, Berlitz fut convoqué sur place avec l’original du tracé. On se rendit compte alors que les degrés de la pyramide étaient dus à des changements de l’échelle du XXX, un trucage d’une grande simplicité. Les autres informations contenues dans ce livre sont du même niveau !
- Quant aux chroniques anglaises, elles peuvent aussi bien servir à établir l’existence des dinosaures lors des temps historiques que celles des sirènes et de bien d’autres chimères (homme chien, homme singe etc... il y a des ouvrages spécialisés sur ce sujet), ce qui montre bien que cela ne prouve rien.
- Je ne plaisante pas en ce qui concerne le cachalot, la photo a tout d’une colonne vertébrale de cétacé avec des lambeaux de peau et rien d’un plésiosaure. Où sont les analyses qui auraient été faites sur un morceau de la peau, et surtout où ont elles été publiées ?
Parlons maintenant de vos points un à un. J’ai déjà répondu au point a en ce qui concerne les dinosaures (et vos fameux 200 000 ans !)
Le texte de JM Clercq sur la génétique humaine est à la fois faux parce qu’il dit "la génétique ne peut se substituer à un système de datation dans le cas présent... lorsque le professeur DXXX affirme à la suite de sa découverte que l’homme moderne est apparu il y a quelques 270 000 années, il ne fait que reprendre par extrapolation, la datation actuellement avancée en paléoantropologie humaine".
C’est totalement faux. Si vous lisez "Eve est noire", de G. Lucotte, Fayard, vous verrez comment la génétique constitue un "sablier" totalement indépendant de la paléontologie. Le principe est le suivant : on connaît le taux de mutation actuel des mitochondries (qui sont héritées de femme en femme et ne contiennent pas, chez une fille, d’ADN provenant de son père) et les divergences entre les mitochondries présentes dans les différentes populations. Idem pour le chromosome X chez les hommes.
En fonction de ces données, on calcule combien d’années, dans le passé, a vécu la femme dont descendent toutes les femmes actuelles ; idem pour les hommes. Bien sur cela suppose un taux constant de mutations.
Comme vous le dites et comme je le dis, une seule méthode de datation ne permet pas de conclure... mais deux, oui ! Car ce qui pourrait dérégler le taux de mutation ne déréglerait pas dans les mêmes proportions les méthodes de datation des fossiles. Cette concordance est un argument imparable en faveur des chronologies longues (cf. ma lettre à Van Oosterwyck).
b) Je ne peux vérifier certaines affirmations de Walt Brown sur les pieds humains et les fossiles non en place. Ce que je sais sur d’autres domaines dont il parle m’amène à penser que ces preuves sont de même nature que nos dinosaures datant de 200 000 ans.
A moins qu’il s’agisse d’un simple trucage. Toutes les empreintes d’hommes préhistoriques que l’on possède sont des empreintes de pieds nus en train de marcher.
La photo qu’il publie montre un pied immobile chaussé d’un soulier de forme rectangulaire. C’est plus que suspect.
Ce qu’il dit sur l’Archaeopteryx est tout simplement ridicule comme vous le montrera l’article en annexe 2. Cinq des six fossiles trouvés par des personnes différentes en des siècles différents ont des traces de plumes. Cela exclut d’office la thèse du faux.
J’ai déjà répondu sur les autres points (poussière lunaire, dinosaures, datations).
c) Encore un cas d’auto-contradiction ! Les articles que vous m’envoyez disent :
1) qu’en 1996, on aurait trouvé des plumes sur un squelette de dinosaure (un unique squelette ce n’est pas comme l’Archaeopteryx !) si ancien que cela aurait obligé à bousculer la classification.
2) qu’en 1997 on a montré qu’il n’y avait pas de plume dans ce fossile et que donc cela renforçait la cohérence de la théorie de l’évolution en éliminant une anomalie qui aurait pu être gênante.
Bref, vous m’envoyez (encore !) des articles qui renforcent la théorie de l’évolution tout en prétendant que ces articles l’affaiblissent !
d) J’y répondrai plus bas.
e) basculement des pôles : il est facile de modéliser les conséquences qu’aurait un basculement des pôles. Rien, dans les archives paléontologiques, n’a jamais confirmé qu’il avait eu lieu.
Le Big Bang, Reeves et Cole, j’y ai déjà répondu. En conclusion, il est totalement faux "qu’il ne nous reste que trois points à examiner" (même après ma première lettre), il nous reste des dizaines de points à examiner (surtout après cette lettre).
Prenons maintenant l’ensemble de votre livre.
Il va de soi que je ne reprendrai pas ici les points que j’ai développés dans ma lettre à Dominique Tassot ou dans ma première lettre. Pour ces points, je me contenterais d’un jugement de valeur : absolument ridicule, ridicule, inexact, non connaissance du sujet, tendancieux, la démonstration se trouvant dans les textes en question.
Chapitre 1
1-1/2-2 : Il est clair que des catastrophes ont existé (lisez Gould "Le pouce du Panda", cf. ma première lettre à Berthault) et qu’on est trop actualiste. Mais cela ne permet pas de généraliser le catastrophisme. Ce qui est dit sur les poussières lunaires est absolument ridicule, et sur le champ magnétique, ridicule ; la preuve, vous la donnez vous-même dans le même paragraphe : si le champ magnétique a pu s’inverser, on ne peut rien dire de sa décroissance actuelle puisqu’il croît et il décroît !
2-3 : On ne peut généraliser le fait que les couches ne sont pas équivalentes aux strates. Il s’agit d’exception (cf ma 2ème lettre à Guy Berthault). Dire que les zones fossiles ne représentent pas une succession dans le temps mais un classement suivant la profondeur à laquelle vivait chaque espèce est ridicule. Cela s’oppose à toutes les découvertes paléontologiques ou presque.
3-1 : Ce qui est dit sur les objections à la théorie de Darwin est vrai mais cela ne parle que contre le darwinisme, pas contre l’évolution.
3-2 : tout à fait d’accord avec vous mais même remarque que 3-1.
3-3 : Dire que le pithécanthrope est un singe est ridicule et non connaissance du sujet (cf. Dominique Tassot).
- que l’homme de Néanderthal soit aujourd’hui considéré comme un cromagnon dégénéré est inexact surtout depuis les analyses génétiques faites cet été.
Les travaux d’Anne Dambricourt ont parfaitement montré que l’homme de Néanderthal appartenait à la même embryogenèse fondamentale que le pithécantrope, c’est-à-dire exactement le contraire de ce que vous dites.
"En 1973, Leakey découvrit un crâne et deux fémurs d’homo sapiens" : ridicule (cf. Lettre à Dominique Tassot).
"En 1975 Johanson dégagea une famille d’homo sapiens, donc les australopithèques ne pouvaient pas être des ancêtres de l’homme" : inexact, les australopithèques ont vécu au moins un million d’années avec homo habilis mais sont apparus trois millions d’années avant, c’est donc parfaitement cohérent. "On n’a pas pu faire l’hypothèse sur la démarche de Lucy" : inexact, non connaissance du sujet. Sa quadrupédie est impossible (cf lettre à Dominique Tassot).
"En 1986, Walker et Leakey découvrent un néanderthalien au Kenya" : inexact (cf Lettre D. Tassot). Les hommes géants : ridicule. Fossiles vivants : tendancieux. Tout le reste, dans ce paragraphe, est manque de fiabilité des sources et je vous ai donné l’explication pour Woodmard.
4-1 : Ridicule intégral ! Tous les faits que vous citez (lorsqu’ils existent) disent le contraire de vos conclusions.
4-2 : OK
4-3 : OK pour le début, le propos de Bourdreaux est absolument ridicule ("Plus d’évolution plus de Big Bang") car aucune preuve du Big Bang ne dépend de la validité de la théorie de l’évolution. Pour les annexes, cf ma 2ème lettre à Berthault, chapitre 1-2. 1 et 2 sont vrais mais vous oubliez de dire que la concordance des méthodes différentes permet des datations absolues alors qu’un résultat obtenu par une seule méthode ne veut rien dire.
3 est ridicule, 4 est inexact.
Chapitre 1-3 : vous êtes un adepte des chronologies longues si vous dites que Dieu a d’abord créé les végétaux pour qu’ils produisent l’atmosphère pour les animaux (il faut des milliers et sans doute des millions d’années pour cela !) La remarque de Crombette selon laquelle "pour que les continents aient gardé leur forme, il a fallu qu’ils soient arrachés par un mouvement plus rapide que la remontée du magma, ce qui exclut une dérive lente des continents" est ridicule. Lors d’une dérive lente, le magma vient progressivement construire un tapis au fond de l’océan, les continents gardent leur forme en surface mais pas sous l’eau. La découverte de la dorsale océanique prouve cela... et infirme les thèses de Crombette.
J’ai déjà parlé de Berlitz, du basculement des pôles, des hommes de Néanderthal. Quant à l’île de Pâques, si Crombette a obtenu quelques résultats dans le déchiffrement de leur écriture vous pouvez les soumettre à André Valenta (cf plus bas) il fait partie des principaux groupes mondiaux d’étude de ce problème.
Ce que vous dites sur les groupes sanguins est inexact ; l’étude de Dausset sur le HLA et les datations génétiques de Lucotte, Wilson et les autres sont bien plus précises. Il est fort possible qu’il y ait une langue unique derrière toutes ces langues mais ce n’est pas prouvé. Il n’y a pas "deux candidats pour l’épave de l’arche" mais bien plus, ce qui relativise les découvertes effectuées.
Chapitre 1-4 : ce chapitre dépend de la méthode de Crombette pour déchiffrer les hiéroglyphes. Tant qu’elle n’aura pas été confirmée par un expert indépendant, j’aurai sur elle les plus grands doutes. Une méthode qui permet de tout déchiffrer (île de Pâques, origine du basque) et de donner une autre traduction en une autre langue (le copte) de texte ayant déjà une signification claire me parait extrêmement suspecte.
Notons simplement que l’étude des fonds marins ne permet pas l’existence de l’Atlantide et que le peuplement des Amériques s’est fait à partir de l’Asie (l’Ouest) et non de l’Est et que cela est archi prouvé par la génétique. Quant à l’océan Scythique il n’a pas pu exister dans un passé récent car cela aurait laissé des traces que l’on n’a pas trouvées.
Ce que vous dites sur Haeckel est en grande partie vrai mais le passage sur le pithécanthrope est inexact et non connaissance du sujet. Merci de me donner la référence des propos de Gould sur l’évolution et le racisme. Si vous dites vrai, c’est très important.
Chapitre 2-1 à 2-4 : Dans le domaine de la cosmologie, on va voir apparaître un autre procédé. Je le nomme "soulever un bulldozer avec un cure-dent".
Vous avez d’un côté quelques faits épars que vous rassemblez et qui remontent le plus souvent à 70 ans. De l’autre une non connaissance du sujet à peu près complète des faits nombreux et solides qui viennent renforcer les théories que vous critiquez. Vous prétendez donc soulever un bulldozer (les théories) avec un cure-dent (les quelques faits épars). Cela est parfaitement vrai pour le géocentrisme, le Big Bang et la relativité. Vous n’avez aucune idée de la précision des mesures de parallaxes réalisées par le satellite Hipparcos (cf annexe) qui infirment totalement le géocentrisme alors que vous dites le contraire.
L’héliocentrisme explique parfaitement la chute périodique des météores contrairement à ce que vous dites. Vous parlez des résultats ambigus de la première expérience chargée de vérifier l’influence de la gravitation sur la lumière. Mais depuis, on a refait des dizaines de fois cette expérience ! Et les résultats toujours plus précis confirment la relativité et... infirment le géocentrisme.
En effet, la théorie d’Einstein selon laquelle une masse "creuse" l’espace, ce qui explique la déviation de rayons lumineux du voisinage d’une étoile, permet d’expliquer -enfin- les lois de Newton et permet de supprimer le caractère "magique" de l’attraction de deux corps auxquels vous faites allusion dans votre chapitre sur Newton.
Mais la déviation permet aussi de calculer la masse d’un corps. Ainsi le soleil est 333 000 plus lourd que la terre. Toute tentative pour restaurer le système de Tycho Brahe est donc aussi ridicule qu’une théorie qui prétendrait que la terre tourne autour de la lune ? Et sachez qu’il existe de nombreuses méthodes pour calculer la masse du soleil (l’attraction qu’il exerce sur les satellites qu’on envoie vers lui par exemple).
Il ne connaît pas les membres de la Tychonian Society mais ce que vous en dites suffit pour prouver qu’ils sont de joyeux farceurs ! Maintenant que des résultats comme ceux d’Hipparcos ont confirmé (et même agrandi) la distance qui nous sépare des étoiles, il faudrait que ces corps aillent à des milliards de fois la vitesse de la lumière pour tourner autour de nous en 24 heures. Et quand vous dites "et pourquoi les étoiles ne seraient-elles pas seulement des points lumineux ?" vous vous ridiculisez vous aussi. Que faites-vous de toutes les photos des grands téléscopes actuels qui nous montrent le diamètre des étoiles ?
Mais encore une fois la réfutation des conceptions que vous exposez en 2-1 sur la structure de l’univers se trouve dans les mesures de type Hipparcos. Quant à la masse et à la distance des planètes, elles sont connues avec une extrême précision et infirment également vos théories car celles-ci supposent des distances et des masses bien plus petites (2-1/3-2).
En ce qui concerne votre critique de la relativité, on quitte le domaine de la science pour entrer... dans celui de la poésie !
Tout d’abord vous ignorez toutes les expériences modernes qui ont permis de vérifier, parfois avec une extrême précisions, les prédictions de la relativité.
- Celles qui ont valu le Prix Nobel 1993 à Hulse et Taylor pour la mesure des ondes gravitationnelles dans un système de pulsions binaires.
- Celles de Pound et Rebka sur le décalage vers le rouge d’un rayon lumineux qui quitte un corps (le spectre d’un rayon qui quitte le sol n’est pas le même au sol et à 100 mètres de haut !).
- Celles sur les mirages gravitationnels.
- Celles sur l’écoulement du temps (qui n’est pas le même dans un train en marche et à l’arrêt, ou au pied d’une montagne et à son sommet.
- Celles qui avec des ondes radar envoyées par satellites ont permis de refaire de façon artificielle l’expérience de 1919 et de prouver que les corps creusaient bien un "trou" dans l’espace où "tombaient" toutes les formes de rayonnement.
De plus vous vous trompez quand vous dites qu’il y a une différence de 5 % en ce qui concerne l’avancée du périhélie de Mercure. La différence est de 1 %. Mais en plus vous semblez ignorer totalement à quoi correspond ce 1 %.
Ce périhélie de Mercure avance de 4900 secondes d’arc par an. La partie "inexpliquée" concerne seulement 51 secondes. Car tout le reste s’explique par l’influence des différentes planètes. C’est donc "ce résidu" que la relativité explique à 1 % près et c’est un exploit vu que le calcul du résidu est très complexe car il faut calculer l’addition de toute une série d’influences.
Et face à toutes ces expériences probantes vous avez quoi ? Quelques expériences datant de 70 ans jamais refaites, jamais confirmées depuis (Michelson, Lane Poor) et un article de Alfnen datant e21 ans, qui comprennent plus de propos haineux que de démonstrations scientifiques et qui sont réfutés par les découvertes faites depuis. Ce n’est pas la relativité qui est "donquichotesque" c’est votre attaque de la relativité qui l’est. En conclusion sur ce point, le fait que vous soyez aussi certain de réfuter une théorie dont vous connaissez aussi mal les preuves, avec d’aussi faibles arguments et parfaitement loufoque et relève de la démarche poétique (le dadaïsme par exemple) plus que de la science.
En ce qui concerne Einstein lui-même, ce que vous dites sur la relativité restreinte est globalement exact mais tendancieux (c’est la même chose pour Galilée). Car si toute une série de précurseurs dont Poincaré et Lorentz ont apporté des éléments, la synthèse générale a été faite par Einstein (l’équation E = mc2 n’existe pas chez Poincaré sauf erreur de ma part). Par contre, la relativité générale est vraiment due à son travail (les travaux de Minkovski viennent de l’article d’Einstein de 1905 par exemple). Le plus drôle c’est que vous ignorez dans votre tentative de réduire les mérites d’Einstein, que 5 jours avant la présentation de la réunion complète de la relativité générale, le 25 novembre 1915, le grand mathématicien David Hilbert présenta un travail identique ! Mais en Juin 1915 Einstein passa une semaine à expliquer à Hilbert l’état de ses travaux et ce qu’il lui manquait encore pour aboutir. De ce fait 90 % du résultat d’Hilbert viennent d’Eistein et ce dernier a trouvé, indépendamment de Hilbert les 10 % restants. Voilà pourquoi, avec l’accord de Hilbert, on parle des "équations d’Einstein" et que sans Einstein il aurait fallu plusieurs décennies pour les trouver.
Vous citez à trois reprises la phrase d’Einstein :"Il n’y a pas un seul concept dont je suis convaincu qu’il résistera et je me demande si je suis sur la bonne route" ce qui montre qu’il était un véritable esprit scientifique, humble et prêt à se soumettre au faits. Le problème c’est que vous datez cette phrase une fois de 1969 et deux fois de 1979 alors qu’il est mort en 1955. Mais vous avez écrit tellement d’erreurs dans ce domaine que ce dernier point n’est vraiment qu’un détail. Lisez un ouvrage sérieux comme "Trous noirs et distorsions du Temps" de Kip Thorne, Flammarion (sous-titre : l’héritage sulfureux d’Einstein) et après on en reparlera...
chapitre 3-1 La partie 1 sur l’histoire de la physique et le modèle standard de la physique nucléaire est globalement exacte. Mais vous vous focalisez sur la physique nucléaire et vous semblez manquer gravement de connaissance en mécanique quantique, ce qui limite fortement la portée de votre démarche. Ainsi en est-il du début sur la continuité ou la discontinuité de la matière. Il n’a plus lieu d’être depuis 70 ans ! En effet on sait que maintenant la matière et la lumière sont des ondes quand elles se propagent (donc elles sont continues) et des particules quand elles interagissent (donc qu’elles sont discontinues) avec quelque chose (cf. "La Mélodie Secrète" de Trinh Xuan Thuan, Fayard et "le Cantique des Quantiques" S. Ortoli et J.P. Pharabod, La Découverte). Entre les deux se trouve la fameuse "réduction du paquet d’onde" qui heurte le sens commun... comme bien d’autres choses en mécanique quantique. Le fait qu’il en soit ainsi constitue un argument contre le matérialisme, et non un argument contre la mécanique quantique elle-même comme vous semblez le penser. Les conséquences philosophiques prodigieuses de la mécanique quantique (qui devraient vous faire pousser des cris de joie si vous les aviez comprises tant il s’agit d’une mise à mort du scientisme) sont particulièrement bien écrites dans les ouvrages de d’Espagnat "A la Recherche du Réel" et "Un Atome de Sagesse".
A part cela le chapitre 3-1 contient plusieurs erreurs graves :
2-1-3 : "le désaccord entre la théorie et la réalité" ; Mais dans toute l’histoire des sciences aucune théorie ne rend compte de la réalité des faits expérimentaux mieux que la physique quantique ! La précision de ses prédictions correspond à l’épaisseur d’un cheveu sur la distance Paris-Los Angeles !
"Au centre de la Terre" la situation n’est nullement mystérieuse comme vous semblez le penser, car les atomes sont soumis dans les accélérateurs de particules à des pressions bien supérieures à celles qui règnent au centre de la Terre !
La période radioactive est constante contrairement à ce que vous dites. Il y a deux milliards d’années une "réaction nucléaire naturelle" a eu lieu dans un gisement naturel d’uranium au Gabon. L’analyse des tracés a montré que, dans ses fondements, la radioactivité n’avait pas varié depuis. On connaît la cause de la radioactivité naturelle contrairement à ce que vous dites : la désintégration des atomes lourds contenus dans le sol.
Vous dites que "le noyau ne se désintègre jamais en émettant un proton ou un neutron mais un noyau d’hélium, un électron ou un photon". C’est totalement absurde. Si c’était vrai il n’y aurait pas de bombes ni de centrales atomiques ! Les réactions nucléaires ne fonctionnent que grâce aux neutrons émis lors de la désintégration des noyaux d’atomes lourds. Comment un ingénieur en génie atomique peut-il écrire une chose pareille ? C’est fou... tout le principe d’une centrale nucléaire repose sur le contrôle de la propagation des neutrons émis par la désintégration du noyau ! C’est justement les neutrons ainsi émis qui créent la réaction en chaîne. J’éprouve une frayeur rétrospective à l’idée que vous avez peut-être travaillé dans une centrale nucléaire... Tout aussi absurde est ce que vous dites sur l’électron :"le courant électrique, qui est une chose différente de l’électron. En effet le vide arrête le courant mais laisse passer les électrons." Quel physicien n’éclaterait pas de rire devant cette phrase ? Ce courant n’est rien d’autre qu’un grand nombre d’électrons. S’il est assez intense, un courant peut parfaitement se propager dans le vide (ex : un arc électrique). En temps normal, s’il n’est pas assez intense, seule une petite quantité d’électrons franchit le vide, ce qui ne permet pas au courant de passer, mais il n’y a là aucun paradoxe contrairement à ce que vous dites...
Vous dites que l’expérience montre que dans les faisceaux d’électrons, ceux-ci n’ont pas tous la même charge ni la même masse". Quelle expérience ?? Jusqu’à preuve du contraire, c’est aussi faux que ce qui précède.
Enfin, ce que vous dites sur les neutrinos et les zetta particules est juste, mais c’est à peine si on le remarque, tant on est suffoqué par les erreurs qui précèdent ces passages.
Le Chapitre 3-2 sur le chaos est le seul chapitre scientifique de tout l’ouvrage à ne contenir aucune absurdité ou erreur grave. Il provoque sur le lecteur averti un sentiment comparable à la découverte d’une maison intacte dans un pays entièrement en ruines : celui d’un incroyable miracle... Ce que vous dites beaucoup trop succinctement sur le mythe de l’ordinateur est également exact.
Le Chapitre 4 sur la médecine. Ce que vous dites sur l’histoire de la médecine, la médecine chinoise, l’homéopathie est tout à fait exact. De plus vous avez raison sur un point fondamental : l’importance du terrain et sa méconnaissance par la médecine classique bien trop réductionniste.
Malgré cela ce chapitre est peut-être le plus loufoque de tout l’ouvrage ! En effet la thèse principale que vous défendez est celle de l’origine endogène des maladies... et des microbes. Pour vous toute maladie a pour cause un déséquilibre de l’organisme qui provoque une maladie "qui débute par une déficience métabolique, au cours de laquelle aucun microbe ne peut être décelé. La multiplication des microbes dans l’état pathologique n’est donc pas la cause du mal mais l’indice d’une déficience du système d’autorégulation. Et le microbe est là pour y remédier par ses sécrétions qui sont des antibiotiques naturels".
Rien n’est plus faux, rien n’est plus démenti journalièrement dans le monde entier. Comment pouvez-vous expliquer avec votre théorie, la disparition complète du virus de la variole après une campagne mondiale de vaccination ? C’est peut-être un hasard ?? Si cette maladie était due à des facteurs endogènes, comment expliquer qu’elle ait soudainement disparue ?
Bien sûr que le terrain est important, bien sûr que lors d’une épidémie de grippe il y a des gens qui échappent à la contamination, cela n’empêche pas que la cause de la maladie soit totalement exogène. Les causes endogènes font que vous pouvez éviter la maladie mais dans ce cas-ci elles ne vous rendent jamais malade. Il y a bien sûr des maladies d’origine strictement endogène (ex : les maladies auto-immunes) mais elles sont minoritaires. Vous dites :"Que penser maintenant des épidémies qui seraient dues à la transmission d’un germe d’un sujet malade à un sujet sain ? C’est probablement faux. Il y a tout lieu d’invoquer une cause commune, provoquant dans un même lieu, la même déficience organique. C’est le cas des épidémies de peste, de choléra ou de grippe."
Si vous croyez vraiment cela, allez donc vous promener, pourvu d’un "terrain parfaitement équilibré" bien sûr, au milieu des rats porteurs du virus de la peste et vous verrez si vous n’attrapez pas la peste ; faites vous mordre par un chien enragé et vous verrez si vous n’attrapez pas la rage. Toutes les études épidémiologiques faites depuis un siècle s’inscrivent en faux contre votre phrase. On suit très précisément la propagation d’un virus à travers la planète. Croyez-vous que c’est pour le plaisir qu’on est en train de tuer 1,2 millions de poulets à Hong Kong ?
Aucun doute n’est permis sur la cause exogène des grandes épidémies. Ici vous n’avez plus 70 ans de retard mais 150 ans ! La preuve la voici : "Les études faites lors du choléra en 1832, qui fit 100 000 victimes en France en quelques jours ont attribué la maladie à la misère, car le choléra a frappé essentiellement les pauvres entassés dans les taudis. Un raisonnement totalement exact en 1832, totalement absurde de nos jours. Car il y a plusieurs décennies que l’on connaît le mode d’action et de transmission du vibrion qui provoque le choléra. Il s’agit d’une cause strictement exogène mais qui ne peut se développer que sur un terrain préalablement affaibli (malnutrition). La simple logique permettrait de déduire l’origine exogène du choléra : la misère est permanente, les épidémies de choléra sont ponctuelles et localisées. L’existence des MST et du SIDA achève de ridiculiser cette thèse.
Si vous avez raison dans le cas du furoncle et des staphylocoques, sachez que des millions d’expériences effectuées dans tous les pays depuis un siècle ont prouvé que l’inoculation du virus de la peste ou de la grippe à un rat ou à un poulet donnait exactement le même résultat que lorsque la maladie se développe "naturellement" (c’est-à-dire selon notre théorie, de manière endogène) et que cela suffit pour confirmer les travaux de Pasteur et assurer à Bechamp une défaite totale sur ce point. Sachez enfin que les "microzymas" de Béchamp ne sont qu’une totale illusion -comparable aux rayons N qu’un physicien croyait avoir découvert au début du siècle - qu’avec des moyens d’observation 1000 fois plus perfectionnés que ceux de Béchamp, rien depuis 90 ans n’est venu confirmer leur existence, et que, bien sûr, ils n’ont rien à voir avec l’ADN. Mais en 1870 il manquait plusieurs ordres de grandeur, au plan technique, pour que Béchamp puisse observer des molécules d’ADN. Or Béchamp dit l’avoir observé à l’époque (même dans les roches, ce qui, de nouveau, exclut l’ADN). C’était juste une illusion due à la mauvaise qualité des microscopes de l’époque et qui a disparu lorsqu’un meilleur matériel fut disponible. Tant de grands hommes sont tombés dans un piège identique en bâtissant de belles théories basées sur ce qui s’est révélé n’être qu’un artefact. J’espère que vous êtes conscient du risque criminel que vous prenez en diffusant de telles énormités. Imaginez un peu que des lecteurs prennent au sérieux ce que vous dites sur les microbes. Mais vous êtes certes moins responsable que les (très) rares médecins qui diffusent ces conceptions. J’en connaissais un qui vient d’être suspendu par le conseil de l’ordre non sans avoir provoqué la mort de plusieurs personnes.
Je ne commenterai pas votre chapitre 5 car il porte sur l’Economie et l’Histoire, non sur la Science ni le chapitre 4-4 qui porte sur la psychanalyse, car ce n’est pas une science comme l’a démontré Karl Popper. Il n’y a pas d’absurdité dans ces chapitres, mais il ne s’agit plus de science. Au plan scientifique, le chapitre 6 ne fait que reprendre quelques-unes des absurdités des chapitres 1 à 4, je ne le commenterai donc pas non plus sauf pour dire que je suis d’accord avec le chapitre 6-2 sur l’historicité de la Bible. Mais même là dès que vous "touchez" à la science vous retombez dans l’absurdité : le codage de la Bible ne veut rien dire (surtout pour un texte dépourvu de voyelles ce qui offre de nombreuses possibilités à celui qui interprète) puisqu’on part faire la même chose avec Moby Dick (où il y a des voyelles ! cf annexe).
En conclusion, alors que votre but était de "constituer une documentation critique sur l’état des sciences", votre travail, en ce qui concerne les sciences, est un champ de ruines, duquel émerge le seul chapitre "miraculeux" 3-2 sur le chaos, qui est dans un tel état qu’aucune restauration ne peut être envisagée, qu’il faut tout raser pour rebâtir à neuf. Je veux dire par là que le simple fait de renoncer à ce qui est le plus absurde et le plus contraire aux faits dans votre texte, ne peut que vous amener à changer radicalement de vision du monde, tant vote vision actuelle est incompatible avec la réalité et tient du mythe et non de la connaissance objective.
Ainsi aucun de vos chapitres n’échappe au "ridicule" de contenir des affirmations qui sont contraires aux faits les plus connus et les mieux établis dans le domaine en question, même si bien sûr, tous vos propos ne "descendent" pas aussi bas.
Vous trouverez certainement mes propos durs. Sachez que venant d’une autre personne ces commentaires auraient été encore plus durs. Surtout de la part du professeur Schutzenberger. Car s’il aimait encourager la critique de la science, il détestait ceux qui font prendre des vessies pour des lanternes à leurs lecteurs. Étant un de ses "fils spirituels", je peux vous dire que ses commentaires auraient été terribles s’il avait eu entre les mains la version actuelle de votre ouvrage (il pouvait être très, très grossier en privé !).
Sachez encore une fois que mon but n’est pas de vous ridiculiser. Car votre but est noble. Le scientisme, idéologie de combat contre la religion doit être critiqué, il est encore très puissant, bien qu’en baisse. C’est pourquoi le piteux résultat de votre démarche me fait beaucoup de peine.
Connaissez vous les raëliens ? Cette secte fondée par un ancien journaliste qui prétend avoir été enlevé par des extraterrestres (les Elohims !) et être allé sur leur planète pour discuter avec Jésus (fils d’un extraterrestre), Moïse et Mahomet, enseigne que l’humanité a été créée en laboratoire par les extraterrestres. Ils ne croient donc pas à l’évolution. Eh bien, leurs tracts dénonçant l’évolution contiennent bien moins d’erreurs scientifiques que votre livre. Or les raëliens méritent le surnom de "plus fous d’entre les plus fous" (ils font lyophiliser leur os frontal après leur mort pour que les extraterrestres lors de leur arrivée les ressuscitent à partir de cette poudre).
Eh bien, voir les chrétiens sincères comme Tassot et vous, être plus ridicule dans votre critique de la science moderne que "les plus fous d’entre les plus fous" me fait une immense peine. Et vous êtes plusieurs dizaines dans ce cas, car votre ouvrage n’est pas personnel, il est une très "bonne" synthèse des différentes thèses que l’on peut lire dans "Science et Foi". Or nous avons vu ce que nous pouvons en penser. Que vous vous ridiculisiez est une chose, que vous ridiculisiez l’Eglise et la Foi chrétienne en est une autre, infiniment plus grave.
Heureusement (faut-il dire grâce à Dieu ?), vous n’avez aucune audience. Mais imaginez un instant que vous en ayez, que se passerait-il ? Tous ceux susceptibles de lutter de façon crédible contre le scientisme et une vision matérialiste de la Science et du Monde se tairaient pour ne pas être amalgamés avec vous et le matérialisme serait renforcé pour des décennies ! La meilleure preuve en est que les matérialistes, comme l’ont montré les événements récents, sont les premiers à vouloir qu’on parle de vous pour gêner ceux qui seraient en mesure de développer une critique crédible des explications darwiniennes de l’évolution (et non de l’évolution elle-même, bien sûr).
Je suis allé dans une université chrétienne aux USA où toute critique du darwinisme même si l’on est à 100% évolutionniste est interdite, à cause du poids des créationnistes dans le pays. Ce n’est heureusement pas (encore ?) le cas en France. Mais voilà où votre action pourrait nous mener... Vous avez d’autant moins "d’excuses" que le but que vous poursuivez peut être magnifiquement accompli sans aucune affabulation et désinformation, sans aucun ridicule, comme le montre l’ouvrage d’André Valenta "Le Scientisme", par un simple autodidacte passionné (01 60 77 30 20 est son téléphone car le livre ne se trouve pas en librairie). La simple existence de cet ouvrage si réussi est une accusation complémentaire contre le vôtre.
J’espère donc que dans l’année nouvelle qui s’annonce vous sortirez du monde imaginaire qui est le vôtre (un monde où les Pithécantropes n’existent pas ! Où il n’y a pas de preuves de la relativité et du Big Bang ! Où les microbes ne rendent pas malades ! Où les noyaux d’atomes n’émettent pas de neutrons !) pour vous rapprocher du monde réel, un monde que la science étudie parfois avec des biais idéologiques, souvent en se trompant, mais toujours avec passion et où il y a tant à faire pour réduire - sérieusement - l’influence des conceptions scientistes, mécanistes et réductionnistes !
Veuillez recevoir, cher Monsieur, l’expression de mes meilleurs veux et de mes sentiments distingués.
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